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Paprika als Quelle für Vitamin C

Vitamine C : ce que rhumes, absorption du fer et calculs rénaux ont vraiment à voir avec elle

La vitamine C fait partie des compléments alimentaires les plus vendus – et aussi des plus mal compris. La recherche dresse un tableau plus nuancé que sa réputation de remède contre le rhume ne le laisse penser : certains effets sont bien établis, d'autres nettement plus faibles qu'on ne le pense généralement.

La vitamine C : un cofacteur que l'organisme ne peut pas produire lui-même

L'acide ascorbique est hydrosoluble. Contrairement à la plupart des mammifères, l'être humain ne peut pas synthétiser lui-même la vitamine C, car il lui manque une enzyme nécessaire à sa biosynthèse. Elle doit donc être apportée par l'alimentation – régulièrement, car l'organisme ne peut en stocker que des quantités limitées.

Dans l'organisme, la vitamine C agit comme cofacteur d'enzymes impliquées dans la formation du collagène et comme antioxydant hydrosoluble qui neutralise les composés oxygénés réactifs. Ces fonctions physiologiques sont également à la base des allégations de fonction évaluées scientifiquement par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) concernant le tissu conjonctif, le système immunitaire et la fatigue – des descriptions de fonction, non des promesses thérapeutiques.

Rhumes : la vitamine C en raccourcit la durée sans les prévenir de façon fiable

Une revue Cochrane (méta-analyse d'essais randomisés) a évalué des études avec une prise régulière d'au moins 200 mg de vitamine C par jour. Chez les adultes, la durée du rhume a diminué en moyenne de 8 %, chez les enfants de 14 % ; à raison de 1 à 2 g par jour, la réduction atteignait même 18 % chez les enfants. La fréquence des rhumes elle-même n'a en revanche guère changé dans la population générale.

Une méta-analyse plus récente (2023) menée par la même équipe de recherche a en outre constaté une réduction de la sévérité des symptômes d'environ 15 %. Lorsque la vitamine C est prise seulement après l'apparition des symptômes plutôt qu'en prévention, les données sont, selon les auteurs, nettement plus limitées. Chez les personnes soumises à un effort physique important – comme les marathoniens –, l'effet préventif s'est révélé plus marqué dans certaines études que dans la population générale.

Absorption du fer : l'effet est nettement plus marqué lors d'un repas isolé que sur la journée entière

La vitamine C transforme le fer ferrique d'origine végétale en sa forme ferreuse, mieux absorbée, et peut ainsi compenser en partie des inhibiteurs comme les phytates et les tanins. Dans une étude contrôlée menée auprès de 12 participants, l'absorption du fer lors d'un repas isolé a augmenté jusqu'à 100 % lorsque la quantité de vitamine C passait de 50 à 250 mg.

En revanche, lorsque l'alimentation quotidienne complète était modifiée sur plusieurs jours (51 à 247 mg de vitamine C par jour), la même équipe de recherche n'a plus constaté de différence significative dans l'absorption du fer. Pour les personnes souffrant d'une carence en fer, l'association reste néanmoins une mesure simple et bien documentée – plus efficace lors d'un repas isolé riche en fer que répartie sur la journée.

Calculs rénaux : un risque accru observé jusqu'ici surtout chez les hommes

Une partie de la vitamine C absorbée est dégradée en oxalate dans l'organisme puis excrétée par les reins – une substance impliquée dans la formation des calculs rénaux d'oxalate de calcium. Une étude de cohorte prospective portant sur plus de 45 000 hommes a montré que ceux prenant régulièrement des compléments de vitamine C présentaient un risque de calculs rénaux environ deux fois plus élevé que les hommes n'en prenant pas.

Chez les femmes, une étude de cohorte prospective portant sur 85 557 participantes n'a en revanche trouvé aucun lien : même à un apport de 1 500 mg de vitamine C par jour ou plus, le risque de calculs ne différait pas de celui observé à faible apport. La raison de cette différence entre les sexes n'est pas encore clairement établie. Pour les personnes sujettes aux calculs rénaux, il est recommandé d'utiliser les compléments à haute dose avec prudence.

Sources alimentaires : où trouver naturellement de la vitamine C

Pour couvrir ses besoins par l'alimentation, on trouve de la vitamine C à des concentrations variables dans de nombreux légumes et fruits. Les valeurs indicatives suivantes (pour 100 g) varient selon la variété, le degré de maturité et la préparation :

Aliment Vitamine C (env. pour 100 g)
Argousier, cru env. 450 mg
Poivron rouge env. 120 mg
Persil env. 160 mg
Brocoli, cuit env. 65 mg
Kiwi env. 90 mg
Orange env. 50 mg
Pomme de terre, cuite env. 12 mg

La vitamine C étant sensible à la chaleur et à la lumière, une cuisson prolongée ou un stockage long en réduisent la teneur. Les légumes crus et une cuisson vapeur brève préservent le mieux la concentration.

Formes de vitamine C : ce qui distingue les compléments

La vitamine C est vendue principalement sous forme d'acide ascorbique pur, mais aussi sous des formes tamponnées – comme l'ascorbate de calcium ou de sodium –, où l'acide est lié à un sel minéral. Les formes tamponnées sont généralement plus douces pour l'estomac, car moins acides. Les données actuelles montrent peu de différence d'efficacité biologique entre les formes ; ce qui compte au final, c'est la quantité totale d'acide ascorbique absorbée.

Dosage et limites supérieures : pourquoi les chiffres varient selon les autorités

Source Valeur
Valeur de référence UE (VNR) 80 mg/jour
Valeurs de référence DACH (adultes) env. 95–110 mg/jour selon le sexe
Recommandation du BfR pour les compléments max. 250 mg par prise
EFSA (évaluation antérieure, 2004) jusqu'à 1 000 mg/jour sans risque accru de troubles digestifs
EFSA (position actuelle, 2024) aucune limite supérieure contraignante actuellement établie (données jugées insuffisantes)
Autorités sanitaires américaines 2 000 mg/jour comme limite supérieure pour les adultes

Une carence marquée – moins de 10 mg par jour environ pendant plusieurs semaines – entraîne un scorbut, avec saignements des gencives, fatigue et mauvaise cicatrisation. Ce phénomène est devenu rare dans les pays à alimentation variée, mais peut encore survenir en cas d'alimentation très restreinte, chez les personnes âgées ou en cas de forte consommation d'alcool. En raison d'un stress oxydatif accru, les fumeurs et fumeuses ont un besoin quotidien supérieur d'environ 35 mg.

Effets secondaires : quand les fortes doses provoquent des troubles digestifs

À très fortes doses uniques, au-delà de la capacité d'absorption individuelle de l'intestin, la vitamine C non digérée peut agir de façon osmotique et provoquer diarrhée, ballonnements ou nausées. Cet effet peut généralement être évité en réduisant la dose ou en la répartissant sur plusieurs prises plus petites dans la journée.

Interactions et prudence particulière en cas de traitement anticancéreux, de grossesse et d'allaitement

En cas de traitement anticancéreux par chimiothérapie ou radiothérapie, les compléments de vitamine C à haute dose ne devraient pas être pris sans avis médical préalable. On ignore encore si la vitamine C pourrait, dans ce contexte, également protéger les cellules tumorales pendant le traitement, au lieu de seulement préserver les tissus sains. Dans une étude, l'association de vitamine C avec d'autres antioxydants a par ailleurs atténué l'effet hypocholestérolémiant d'une combinaison statine-niacine.

Pour la grossesse et l'allaitement : l'apport habituel par l'alimentation est considéré comme sûr. Les données sont en revanche plus limitées pour les compléments à très haute dose, raison pour laquelle un avis médical est recommandé avant de commencer une supplémentation. Chez l'enfant également, des doses supérieures aux valeurs de référence adaptées à l'âge ne devraient être utilisées qu'après avis d'un pédiatre.

Une exception importante concerne les personnes présentant un déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (déficit en G6PD), une particularité métabolique le plus souvent héréditaire des globules rouges. Chez elles, des cas rapportés ont associé des apports très élevés – le plus souvent des doses intraveineuses de l'ordre du gramme, plus rarement orales – à une hémolyse (destruction accélérée des globules rouges). Toute personne sachant qu'elle présente un déficit en G6PD ne devrait donc utiliser des compléments de vitamine C à haute dose qu'après avis médical.

Conclusion : des fonctions de base bien établies, des effets supplémentaires plus modestes

Pour la vitamine C, les données scientifiques avancent à deux vitesses différentes. Les fonctions physiologiques fondamentales sont bien établies – formation du collagène, activité antioxydante, contribution à l'absorption du fer lors d'un repas. Les promesses qui occupent une place plus importante dans la perception du public doivent être jugées avec davantage de prudence : une prévention fiable des rhumes n'a pas été démontrée dans la population générale, et pour les calculs rénaux, un signal de risque s'est dessiné, du moins chez les hommes à forte dose, qui nécessite des recherches supplémentaires pour être interprété.

Une alimentation équilibrée, riche en légumes et en fruits, permet en général de couvrir ses besoins sans complément.


Cet article a pour but de fournir une information générale sur la vitamine C et ne remplace pas un avis médical, un diagnostic ou un traitement. En cas de troubles de santé, veuillez consulter un médecin ou une pharmacie.


Sources

  • Hemilä H, Chalker E. Vitamin C for preventing and treating the common cold. Cochrane Database Syst Rev. 2013;2013(1):CD000980. PMID: 23440782
  • Hemilä H, Chalker E. Vitamin C reduces the severity of common colds: a meta-analysis. BMC Public Health. 2023;23(1):2468. PMID: 38082300
  • Cook JD, Reddy MB. Effect of ascorbic acid intake on nonheme-iron absorption from a complete diet. Am J Clin Nutr. 2001;73(1):93–98. PMID: 11124756
  • Cook JD, Monsen ER. Effect of ascorbic acid on iron absorption from different types of meals. Am J Clin Nutr. 1977. PMID: 3700141
  • Taylor EN, Curhan GC. Determinants of 24-hour urinary oxalate excretion. Clin J Am Soc Nephrol. 2008;3(5):1453–1460. PMID: 18650406
  • Ferraro PM et al. Ascorbic acid supplements and kidney stone incidence among men: a prospective study. JAMA Intern Med. 2013. PMID: 23381591
  • Curhan GC et al. Intake of vitamins B6 and C and the risk of kidney stones in women. J Am Soc Nephrol. 1999;10(4):840–845. PMID: 10203369
  • National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements. Vitamin C – Fact Sheet for Health Professionals. ods.od.nih.gov
  • Vitamin C-induced Hemolysis: Meta-summary and Review of Literature. Indian J Crit Care Med. 2022. PMID: 35712748
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